La guerre épistolaire que se livrent depuis quelque temps la ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel) et la directrice générale (DG) de la Cameroon Telecommunications (Camtel), a pris une nouvelle tournure le 28 janvier 2021.

Dans une correspondance datée de ce jour-là, la Minpostel Minette Libom Li Likeng note que loin du «retour sans délai à l’orthodoxie managériale?» prescrit, la DG Judith Yah Sunday apporte plutôt «des éléments de réponse non seulement sans véracité avérée, mais encore qui témoignent d’un manque de connaissance et de maîtrise des dossiers importants de l’entreprise». «J’ai l’honneur de vous marquer ma désapprobation vis-à-vis d’une telle attitude dont le principal but est induire en erreur les autorités de tutelle et la haute hiérarchie», assène la ministre Minette Libom Li Likeng. Pour la Minpostel, «tous ces éléments témoignent de votre absence d’engagement dans la conduite de la réforme prescrite par le gouvernement, afin que les investissements réalisés par l’Etat au sein de l’opérateur historique puissent être rentabilisés». Ce d’autant plus qu’au rang des griefs portés contre Judith Yah Sunday, l’on pointe un management chaotique des ressources humaines. «Camtel est déjà en sureffectif. Mais elle trouve encore le moyen de recruter à tour de bras des responsables licenciés par Orange ou MTN pour incompétence et de les parachuter à des postes stratégiques alors que l’entreprise dispose de cadres compétents», s’énerve un cadre.

Le mobile en question

La réforme de la Camtel n’est pas le seul point sur lequel achoppent les deux personnalités. En effet, dans une correspondance datée du 19 janvier, Judith Yah Sunday soutient que Camtel est parée pour «la mise en place dans l’horizon de 3 ans prescrit par le gouvernement de la réforme fonctionnelle et organisationnelle de l’entreprise». Dans ce courrier destiné aussi au secrétaire général de la présidence de la République, au secrétaire général des services du Premier ministre et au ministre des Finances en sa qualité de tutelle financière, la manager affirme que «toutes les conditions sont réunies pour le lancement du réseau mobile». Or, quelques jours avant, le 11 janvier, la ministre des Postes émettait déjà ces réserves : «vous avez planifié le lancement du réseau mobile pour le 21 décembre 2020, sans business plan. Au cours d’une réunion que j’ai présidée en présence du régulateur le 16 décembre 2020 dans ce cadre, ce lancement avait été différé en raison des insuffisances règlementaires notoires à la mise en œuvre du réseau mobile. Dans un courrier reçu le 7 janvier 2021, vous m’invitez à présider le lancement du mobile pour le 13 janvier 2021, sans rendre compte de la levée des réserves formulées au cours de la réunion du 16 décembre 2020». «Camtel dispose d’un business plan adapté au réseau actuel», soutient plutôt la DG, qui rappelle que ce document a été élaboré lors de l’initiation du projet mobile en 2014 ainsi qu’une étude en 2016 pour la commercialisation, l’opérationnalisation et le développement du mobile.

Business plan obsolète

Et la Minpostel de rejeter qu’ « un business plan élaboré en 2014 et une étude de marché réalisée en 2016 que vous faites valoir ne peuvent apporter de manière pertinente en 2021 les éléments de visibilité sur la rentabilité du mobile de Camtel». D’ailleurs, la DG admet plus loin «qu’il s’avère indispensable d’adapter le projet aux besoins des clients et à la réalité du marché, afin de garantir la compétitivité de nos produits». Elle révèle alors qu’un nouveau business plan devait voir le jour autour du 25 janvier 2021. La sortie de l’auberge n’est pas pour bientôt.

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