La visite au Cameroun du cardinal Pietro Parolin, venu remettre le pallium à Mgr Andrew Nkea, archevêque de Bamenda, dimanche 31 janvier2021 dernier, a été boudée par les séparatistes anglophones. De son côté, le cardinal Christian Tumi a été retenu par des combattants séparatistes sur la route de Kumbo à Bamenda.

La visite au Cameroun du cardinal Pietro Parolin a été boycottée par les séparatistes anglophones.. Dans plusieurs messages diffusés sur les médias sociaux fin janvier, les séparatistes anglophones ont demandé aux habitants des régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun de boycotter la visite, à Bamenda (sud-ouest) du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège. Pour justifier ces appels, les séparatistes ont estimé que l’Église est partisane dans la crise anglophone et qu’elle s’est rangée du côté du chef de l’État Paul Biya. Signe de ce mécontentement des troupes séparatistes, le cardinal Christian Tumi, archevêque émérite de Douala, l’un des principaux acteurs du dialogue pour résoudre la crise anglophone, a été retenu pendant trois heures alors qu’il quittait Kumbo pour Bamenda le 30 janvier. Il est finalement arrivé à Bamenda le même jour, assez fatigué, accompagné par les forces de sécurité du Cameroun. À plus de 90 ans, l’archevêque émérite de Douala avait été enlevé pendant plusieurs heures les 5 et 6 novembre 2020 avant d’être libéré. Ce nouvel incident révèle la complexité de la situation de l’Église, appelée à faire de la médiation entre deux camps antagonistes qui l’accusent d’être partisane. « Il arrive que les séparatistes nous accusent d’être proches du gouvernement et que le gouvernement aussi nous accuse d’être proches des séparatistes », déclarait à La Croix Africa Mgr Andrew Nkea, archevêque de Bamenda. Edition Spiritualité. Vendredi 29 janvier, au cours d’une séance de travail avec le cardinal Parolin, Mgr Abraham Kome, président de la Conférence épiscopale du Cameroun, a aussi abordé les écueils des tentatives de médiation amorcées par l’Église.

Parvenir en fin à la paix

« S’agissant de la crise dans le nord-ouest et le sud-ouest, l’offre de médiation de l’Église catholique a été rejetée, a-t-il exposé. La demande des évêques du Cameroun de rencontrer le président de la République afin de discuter et d’envisager des pistes de sortie de crise est jusqu’ici restée lettre morte. Malgré l’organisation du “grand dialogue”, les massacres de Ngarbuh, Kumba et autres tueries sont la preuve que beaucoup reste à faire pour mettre fin à la guerre. Les évêques sont convaincus que seul un vrai dialogue incluant toutes les parties peut favoriser un retour à la paix dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest. » Pour sa part, au sortir de sa rencontre le 29 janvier avec le chef de l’État camerounais Paul Biya, le secrétaire d’État du Saint-Siège a évoqué son souci du retour à la paix dans la partie anglophone du pays.  « Nous avons abordé les différents points concernant les conflits, en particulier la situation dans le nord et le sud-ouest du pays, a indiqué le cardinal Parolin. Ce que nous attendons avec impatience, c’est la réconciliation et la paix, surtout dans la situation actuelle où il y a beaucoup d’autres crises découlant de celle du Covid-19. Il est important de parvenir à la paix. C’est la seule condition pour grandir et pour atteindre un développement durable partout. »

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