Début d’enquête au Cameroun au lendemain d’un accident qui a fait des dizaines de morts dans l’ouest du pays. Mercredi matin, 53 personnes sont décédées, suite à une collision entre un bus de la compagnie de transport interurbain de personnes « Menoua voyages » immatriculé LT 954 IX et une camionnette de marque Toyota Dyna, immatriculée LT 485 CN dans une zone réputée pour ses nombreux virages et ravins.

Un car de 70 places de la compagnie Menoua Voyages a percuté, une camionnette qui roulait en sens inverse en plein milieu de la nuit au lieu-dit Falaise de Dschang, une zone réputée dangereuse pour les conducteurs. Au moins 53 personnes ont péri dans l’incendie des deux véhicules et plusieurs blessés très graves sont également à déplorer, dont deux très jeunes enfants et un bébé de quatre mois. « Les morts ne sont pas identifiés, ils sont tous calcinés », a déclaré lors d’un point presse Awa Fonka Augustine, gouverneur de la région de l’Ouest, évoquant également 29 blessés « très graves avec des brûlures ». Le gouverneur a ajouté que la collision pouvait « être dû au brouillard » et que la camionnette avait « un défaut de freinage », selon les premiers constats. Dans un communiqué publié dans l’après-midi, il a également affirmé que ce véhicule transportait « du carburant frelaté », donc de contrebande.

L’ONG de prévention routière Sécuroute évoque une « série de négligences », notamment une légèreté des forces de l’ordre aux points de contrôle de la falaise de Dschang et un excès de vitesse de la camionnette. « Le camion qui transportait du carburant n’était pas habilité à le faire », avance Manfred Missimikin. « De plus, lorsque nous analysons la violence du choc et les images de l’accident, il est évident que ce camion était en excès de vitesse. » La presse camerounaise s’interroge pour sa part sur le manque d’équipements des sapeurs-pompiers de la commune, qui n’ont pu intervenir pour sauver des vies. Selon certaines sources, le camion de carburant était escorté par un gendarme et un douanier, qui auraient pris la fuite après l’accident.

Le ministre des Transports a déclaré ouvrir une enquête, tout en remettant en cause les voyages de nuit. « Ce malheureux accident qui s’est produit dans la nuit, remet en exergue la problématique des voyages de nuit qu’affectionnent certaines compagnies de transport interurbain de personnes, et la nécessité de leur encadrement », a estimé Jean Ernest Ngallè Bibéhé dans un communiqué. Il a fait savoir qu' »une enquête a été ouverte qui permettra d’établir les responsabilités des uns et des autres et de prendre les mesures appropriées ».

Fin décembre, au moins 37 personnes, dont dix femmes et quatre enfants, avaient été tuées dans un autre accident de bus au Cameroun. Le ministre avait suspendu un mois la compagnie impliquée.

Une conscience imminente

Quelques jours après l’accident de circulation tenu sur la falaise de Dschang département de la Menoua, et ayant causé la mort à 53 camerounais, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés via son un communiqué signé par son président par intérim James Mouangué Koubila, le 29 janvier,   s’indigne et appelle chaque partie de la société camerounaise à une prise de conscience imminente. La Commission exprime sa compassion émue et adresse ses sincères condoléances aux membres des familles des personnes décédées. Elle souhaite un prompt et complet rétablissement aux blessés. Tout en relevant que le bilan des décès enregistrés dans les accidents de la route est passé de 1 588 en 201 1 à 1 091 en 2015, et 937 en 2019, représentant ainsi une régression de la mortalité routière de 41 % en 8 ans, tel qu’il résulte des déclarations du Ministre des transports, lors d’une interview accordée au Quotidien Mutations au mois de janvier 2020, la Commission constate une recrudescence des accidents graves sur certains axes routiers à travers le territoire national. Ainsi, entre les mois de décembre 2020 et janvier 2021, de nombreux accidents de la circulation ont été signalés, notamment le 27 décembre 2020 dans la localité de Ndikiniméki, Département du Mbam-et-Inoubou, occasionnant 37 morts et 19 blessés , le 17 janvier 2021 dans la localité de Nkongtock, Département du Nyong-et-Kellé, avec un bilan de 5 morts et plusieurs blessés , le 21 janvier 2021 à Akok, localité située entre Mbalmayo et Sangmélima, occasionnant le décès de six élèves.

La Commission observe que cette recrudescence des accidents de la circulation est due en grande partie aux comportements irresponsables des usagers de la route, notamment

les excès de vitesse , le transport inapproprié de produits dangereux , les surcharges , les dépassements fantaisistes , les mauvais stationnements , l’ivresse au volant , le défaut de visite technique pour les véhicules en circulation , les risques courus par certaines agences qui effectuent des voyages de nuit malgré l’état de fatigue de certains de leurs chauffeurs , la complaisance des agents publics et privés chargés de divers contrôles de sécurité.

Par ailleurs, la Commission relève que le mauvais état de certains de nos axes routiers mal entretenus, l’absence de panneaux de signalisation à certains endroits, sont autant de facteurs qui contribuent à la multiplication des accidents de la route.

la Commission invite les usagers de la route à plus de responsabilité et au respect scrupuleux des dispositions légales en vigueur, notamment le Code de la route et les textes spécifiques régissant le transport routier ; la Commission condamne fermement la collusion aggravante des chauffeurs qui se signalent mutuellement la présence ou l’absence des postes de contrôle routiers ou de flash, afin de mieux violer le Code de la route en mettant en danger leur vie, la vie de leurs passagers et les biens qui leur sont confiés. La Commission encourage les pouvoirs publics à veiller à la prise en charge des blessés jusqu’à leur rétablissement et à poursuivre les enquêtes afin d’établir les responsabilités et appliquer, le cas échéant, les sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

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