Le concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun a procédé à la signature de la convention de prêt avec le pool bancaire constitué de Citibank, Société Générale, Afriland First Bank…

Ce désormais n’est plus un secret de polichinelle. Les détails sur l’emprunt bancaire récemment réalisé par  le concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun, Eneo Cameroun, sont désormais connus. Ils ont été mis à la disposition de l’opinion publique ce mercredi 3 février au cours de la cérémonie officielle de signature de l’accord de prêt avec les 08 banques locales pourvoyeuses de fonds. La cérémonie s’est déroulée au Hilton hôtel de Yaoundé en présence des ministres de l’économie, des finances et de l’Eau et de l’énergie. La transaction a été arrangée par CitiBank et la Société Générale Cameroun, en partenariat avec six autres banques locales que sont BGFI Bank Cameroun, Afriland First Bank, CBC, BICEC, ECOBANK, SCB Cameroun. Pour l’entreprise, ce financement « contribuera directement au renforcement des outils de production, au développement et à la modernisation de l’infrastructure de distribution, ainsi qu’à améliorer significativement l’expérience client ».

Tour de table

Le premier plus grand contributeur à cette opération de 100 milliards, est BGFI Cameroun, avec 23 milliards de FCFA (23%) apportés. Elle est suivie de Société Générale Cameroun qui a contribué à hauteur de 20 milliards de FCFA. Viennent ensuite Afriland First Bank Cameroon, Citibank et Ecobank avec respectivement 15 milliards, 12 milliards et 11 milliards de FCFA. Le portefeuille de l’emprunt est bouclé par Bicec, CBC et Scb Cameroon qui cumulent 19 milliards des fonds apportés. Les deux premières sont chacune pourvoyeuses de 7 milliards de FCFA et le 3e, 5 milliards. S’agissant du remboursement, il devrait s’étendre un délai de 5 ans pour un taux d’intérêt de 6,5%. « L’amélioration de l’approvisionnement en électricité stimulera les investissements, l’innovation et la création d’emplois, contribuera à améliorer la fourniture des services essentiels tels que la santé, l’éducation, et permettra au Cameroun de réaliser son potentiel industriel et économique au sens large » a indiqué Gordon Acha, Directeur Général de Citibank, 1er arrangeur et 4e contributeur de cette opération. Pour le concessionnaire, ce financement va répondre à la demande intérieure croissante de l’électricité. « Il participera directement au renforcement de l’outil  de production, au développement et à la modernisation de l’infrastructure, distribution, ainsi qu’à améliorer significativement le service aux clients. Nous apprécions le soutien des institutions de la République du Cameroun qui ont à cœur de soutenir et faire avancer le secteur de l’électricité, partagent notre engagement et mettent en place des conditions de facilitation. Notre action s’inscrit dans le cadre d’une collaboration permanente avec les Institutions et l’Etat camerounais, en droite ligne avec la Stratégie Nationale de Développement 2020‑2030» indique Eric Mansuy, Directeur général d’Eneo. Sur la période 2020-2031, le plan d’investissement de l’entreprise a pour objectifs de développer et étendre les réseaux de distribution; réhabiliter des réseaux actuels qui sont en mauvaise condition ; moderniser les équipements et les outils de gestion; améliorer l’accès à l’électricité sur toute l’étendue du territoire; améliorer les performances et environnement; améliorer l’équilibre offre-demande et la qualité de service; réduire les pertes et relever l’efficience opérationnelle; faciliter l’accès des nouveaux opérateurs à la production; assurer l’entretien des ouvrages qui sont concédés par l’Etat à Eneo, notamment Songloulou, Edéa et Lagdo. 

Tension de trésorerie 

Dans son rapport annuel 2019, Eneo fait état d’excédent brut d’exploitation positif, se situant à 29,641 milliards de Fcfa. Ce qui, explique les spécialistes du management, traduit globalement une bonne maîtrise des opérations. Mais ce résultat positif passe au négatif, avec une perte de 23,895 milliards de Fcfa, contre 11,006 milliards de Fcfa enregistré en 2018. Cette aggravation des pertes est la conséquence « des événements exceptionnels extérieurs à l’exploitation normale, notamment des frais de remise à niveaux des infrastructures de transport (Sonatrel) et certaines pénalités », lit-on dans le rapport annuel 2019.  D’une manière générale, la dégradation sans précédent de la situation financière d’Eneo en 2019 s’explique, selon les responsables de l’entreprise, par  l’accumulation des impayés de certains gros consommateurs soit plus de 180 milliards de Fcfa au 31 décembre 2019 dont 63 milliards pour les seules entreprises publiques et/ou à capitaux publiques. Cette situation a eu pour corollaire un accroissement de la dette d’Eneo vis-à-vis des entreprises de fourniture d’énergies et de combustibles pour l’approvisionnement des centrales thermiques soit 155 milliards de Fcfa. 

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