La Sodecoton a tenu son conseil d’administration le vendredi 05 février dernier à Garoua. A l’issue de ce conseil d’administration, une note a été publiée, portant nomination de directeurs et assimilés à la Sodecoton. Une liste qui a créé le tollé sur Internet

Le tollé est venu de la publication sur sa page facebook de cette liste, du lanceur d’alerte Boris Bertolt. Celui-ci a titré, Tribalisme à ciel ouvert à la Sodecoton. Le commentaire dit que sur 18 directeurs promus vendredi, 16 noms sur 18 sont de consonnance islamo-peuhle. Le lanceur d’alerte exigeait alors l’annulation de ces nominations.

En réponse à cette accusation, la direction générale de la Sodecoton a fait publier un document explicatif dont voici la teneur :

Suite à la tenue d’une session ordinaire du Conseil d’Administration de la SODECOTON, le vendredi 05 février 2021, le Directeur Général a publié, après avis dudit conseil, un texte nommant des responsables aux postes de Directeurs et assimilés.

Les personnels promus à cette occasion ont la particularité d’être d’anciens hauts responsables de la Société, ayant un parcours bien avéré dans la maison SODECOTON, avec pour certains, une ancienneté de plus de 35 ans.

Revenant à la répartition géographique de l’origine des promus, il faut noter qu’ils proviennent de 05 régions du pays :

L’Extrême-Nord avec 09 ressortissants dont :

  • 02 du Diamaré : Souba Matchidai et Nadama ;
  • 04 du Mayo Kani : Sadou Fernand, Abba Henri, Youssoufa et Oumarou Bouba ;
  • 03 du Logone et Chari : Mme Oummou Kaltoum, Abdoulaye Abou Abba et Nouhou Boukar ;

Le Nord compte 06 ressortissants dont :

  • 03 de la Bénoué : Bassoro Youssoufa, Ismaila et Zouseube Hosias ;
  • 01 du Mayo Rey en la personne de Mme Belibi Nafissatou ;
  • Et 02 du Mayo Louti : Boubakary Yabou et Adoum Yaouba.

L’Adamaoua, avec 01 ressortissant du département de la Vina : Daoudou.

Notons que deux directeurs sont originaires de la partie méridionale du pays : Tsamba Frédéric (Ouest) et Jacques Nzima (Centre).

Du point de vue confessionnel, on observe un équilibre parfait puisque sur les 18 responsables nommés, 09 sont d’obédience chrétienne (Sadou Fernand, Tsamba Frédéric, Abba Henri, Souba Matchidai, Nzima Jacques, Nadama, Boubakary Yabou, Daoudou et Zouzeube Hosias.) et 09 musulmans de toutes les ethnies (Nouhou Boukar, Mme Belibi Nafissatou, Oumarou Bouba, Ismaila, Youssoufa, Mme Oummou Kaltoum, Abdoulaye Abou Abba, Bassoro Youssoufa et Adoum Yaouba.)

Comme on peut le voir, il n’y a donc pas mieux en matière d’équilibre et de prise en compte de la composante sociologique de l’environnement de l’entreprise.

En outre, l’actuelle Direction Générale de la Société n’a que 04 ans d’existence et s’est appuyée, pour ces nominations, sur le substrat trouvé en place en matière de ressources humaines.

Par ailleurs, à la faveur de la libéralisation intervenue dans les années 90, la latitude était donnée aux dirigeants d’entreprises de négocier les conditions de recrutement avec des potentiels candidats. De ce fait, des recrutements ont été opérés à la SODECOTON, plaçant des ingénieurs ou des détenteurs du Bacc + 4, Bacc + 5 ou Bacc + 7 (Docteurs vétérinaires) en 7ème ou en 8ème catégorie. Cet état de chose n’a pas du tout permis d’attirer les candidats ressortissants de la partie méridionale du pays.

C’est à partir de 2017 que la société a pu commencer à renverser la tendance en recrutant des ingénieurs en 10ème catégorie, lequel recrutement se fait par Avis d’appel à manifestation d’intérêt au niveau national, grâce à l’appui de cabinets spécialisés et au moyen des tests psychotechniques, des épreuves écrites ainsi que des entretiens avec un jury.

Ces derniers auront donc tout le temps de faire leurs classes dans l’entreprise et de pouvoir prétendre à des promotions futures dans le respect d’un profil de carrière bien tracé.

Il faut noter qu’il y a quelques années, la Sodecoton était quasiment à l’agonie. Elle ne doit sa santé actuelle qu’au dévouement de la Direction Générale qui est en place depuis 4 ans. Notons par ailleurs qu’avec les problèmes rencontrés dans les Régions anglophones du pays et la mise en berne des activités de la CDC, la Sodecoton est l’entreprise qui emploie le plus de camerounais.

A l’heure où la direction générale est en train de vouloir faire passer un cap à l’entreprise pour changer l’image d’entreprise esclavagiste qu’elle traine depuis longtemps et à tort depuis près de 20 ans, on peut se demander qui en veut à celui qui conduit aux destinées de cette entreprise depuis 4 ans, en jetant sur lui et son conseil d’administration ces accusations de tribalisme infondées.

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