Fils de paysans de la Vallée du Ntem dans la région du Sud, le plus ancien Vice-recteur de toutes les universités d’Etat du Cameroun, Professeur titulaire hors échelle, surprend par la densité, la pertinence, l’innovation et la diversité de sa production scientifique. A 50 ans bientôt, il totalise une quarantaine d’articles scientifiques, dix ouvrages et deux inventions majeures à savoir la Géographie transcendante et la Rhomboscopie existentielle. Une intense activité heuristique qu’il combine avec ses enseignements et son activité politique dans le Rdpc, comme militant de base engagé. Dans cette analyse, nous tenterons d’énumérer de façon non exhaustive quelques publications scientifiques de cet érudit de la plume.

La question est posée par l’auteur dans ses propos ingénus sur le développement du continent noir. Ouvrage publié aux Editions Dianoïa, en décembre 2016. Dans son résumé, l’auteur relève que si la démocratie est communément définie comme le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou exercé par le peuple, le développement, quant à lui, fait référence à la situation où la majorité de la population d’un pays donné accède à tous ses besoins vitaux ainsi qu’à un certain confort et à l’éducation. Pris isolément, les deux concepts font grise recette. C’est leur combinaison, leur mise en relation qui est la problématique du moment. Il est en effet convenu que la démocratie conditionne le développement. Mais on peut se demander s’il n’est pas possible qu’un pays parvienne au développement en empruntant une autre voie. Il se pose tout aussi la question de savoir si la démocratie conduit invariablement au développement. Autrement dit, de quels mécanismes dispose-t-on comme garanties d’aboutissement, pour qu’en adoptant un système de gouvernance où le pouvoir est détenu par le peuple, on accède forcément au développement ? Le concept de « sens unique » quant à lui, prescrit la restriction de mouvement, la canalisation dans un seul sens, suivant un ordre rigide auquel tout le monde doit se soumettre, sous peine de sanctions. En résumé, la démocratie est considérée comme la voie incontournable du développement : il n’y aurait donc aucune possibilité pour quiconque de passer outre. Pour reconnaître la validité de ce postulat, je dis oui à la démocratie. Toutefois, je lui refuse l’exclusivité comme modèle de gouvernance. Je lui dénie aussi l’unicité du sens, notamment en matière de développement où d’autres valeurs, notamment pour ce qui est de l’Afrique, semblent devoir lui ravir la préséance, à savoir, la paix, le partage, la science et les savoirs. Telles sont les aspérités à prévoir.

Yaoundé : une curiosité urbanistique

La réflexion est contenue dans l’un de ses ouvrages publiés aux Éditions Dianoïa, Paris, 2011. C’est dans les pays développés du nord et plus encore dans les pays en développement du sud, les métropoles ont, généralement, un comportement de phagocytose et de polarisation vis-à-vis de leur arrière-pays. Elles exercent sur celui-ci une ponction intense des ressources de toute nature pour répondre à la forte demande induite par leur croissance continue. L’espace rural environnant, sous le double effet de périurbanisation et de rurbanisation, subit par conséquent de profondes mutations qui font craindre la fin sans transition des campagnes. Yaoundé, capitale du Cameroun, suit un schéma qui mérite d’être qualifié de curiosité urbanistique. Au lieu de créer un vide autour d’elle, cette métropole à l’échelle africaine impulse plutôt le développement de ses villes satellites en pôles socioéconomiques locaux, malgré, il est vrai, la survivance d’espaces de retranchement ou de résistance à la mouvance clairement observée. Ne pouvant totalement déroger à la règle, Yaoundé fait tout de même porter le poids de son rang de métropole à son arrière-pays. Il en est ainsi de la réalisation ou de la délocalisation de certains équipements qui ont des conséquences notamment sanitaires au niveau de l’arrière-pays proche ou lointain. Le présent ouvrage est un précieux outil d’analyse et de compréhension du fonctionnement des grandes villes d’Afrique. Il sera une bonne source d’inspiration pour les chercheurs confirmés du domaine, autant qu’il guidera les pas des jeunes chercheurs et étudiants engagés dans la géographie des villes tropicales des pays en développement. Aussi s’appuie-t-il sur un solide travail de terrain qui a permis de parvenir à des résultats qu’on n’aurait pas pu obtenir autrement.

Villes africaines : quelle gestion numérique ?

C’est une analyse contenue dans son ouvrage publié aux Editions Dianoïa, Paris, en 2007.  Le city boom observé à la fin du siècle dernier a entraîné une complexification excessive de l’espace urbain en Afrique, aussi bien dans sa texture, sa structure que dans son fonctionnement socio-économique. Les conséquences nées de cette situation ont des effets multiplicateurs dans les pays africains où les villes croissent de plus en plus au détriment des campagnes, dans un contexte d’émergence économique entravée. Les techniques et les méthodes d’analyse des phénomènes urbains devraient donc s’adapter à cette nouvelle donne. C’est dans cette logique que l’approche élémentaire (ou fragmentaire) a dû céder le pas à l’approche systémique dont le principal avantage est la combinaison et l’intégration des données de sources, de natures et de dates différentes dans un référentiel unique. C’est cette approche combinatoire qui constitue la base du fonctionnement des observatoires urbains. Le présent ouvrage, qui est une sorte de prolégomènes de l’analyse urbaine numérique intégrée, fait le point sur les connaissances en matière d’observatoires urbains ; analyse les besoins exprimés par les professionnels de la gestion urbaine ; procède à une revue des techniques novatrices applicables à la gestion numérique de l’information géographique.

Rhomboscopie : la dernière trouvaille

 Ouvrage publié en Février 2021. Il s’agit, là aussi d’une invention majeure. En effet, le Professeur René Joly AssakoAssako est, à travers ce livre, l’inventeur du concept de Rhomboscopie et de la théorie des losanges qui lui est associée. Le plus grand défi de l’homme est de développer des outils, techniques et méthodes pour conjurer ses souffrances et aplanir les aspérités et autres incertitudes que lui imposent la vie. La rhomboscopie existentielle participe de cette volonté et fait l’objet de cet ouvrage, scindé en deux « livres » complémentaires. Le livre premier traite du rhombe ou losange, comme un puissant instrument d’explication et de modélisation de la vie. La spécificité du sujet, sa complexité et son positionnement épistémologique à l’interface de la philosophie, de la transcendance et de l’humanisme justifient le deuxième livre.

Angô’ôlông : la sagesse du peuple Ekang

La sagesse et la pensée du peuple Ekang ont été mises en évidence par le Pr René Joly AssakoAssako à travers contes, proverbes et citations, contenus dans un livre préfacé par le Professeur Jacques FameNdongo. Comme l’Angô’ ôlông, petit oiseau chanteur de la forêt équatoriale, ce livre est une ode à la culture Ékang. On y trouve la sagesse et la pensée philosophiqueÉkang, subtilement dissimulées dans des contes naïfs en surface, mais ô combien incisifs et profonds en réalité. De cette armature découle un recueil de proverbes et l’édifice est complété par un recueil de citations de l’auteur, lesquelles véhiculent autant d’enseignements et de leçons de vie.

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