La rumeur enfle, et l’on parle d’une nouvelle vague de contaminations. la question de savoir si cette précaution serait une panacée, alors que les mesures barrières sont reléguées aux oubliettes se pose. Alors que rien n’est encore acté, dans les chaumières comme dans certains milieux huppés de la capitale camerounaise, Yaoundé, la mélodie du (re)confinement est de plus en plus chantée.

Le concert d’un troubadour congolais a été toléré et fût fort couru, sans exigences strictes de mesures barrières pourtant, le défilé du 11 février 2021 a été annulé la même semaine, pour cause de Covid-19. Les camerounais se posent la question de savoir si cette  maladie est à tête chercheuse. Les taxis ont repris les surcharges, les marchés sont bondés du matin au soir, les restaurants et les bars ne désemplissent pas, les lieux publics fonctionnent comme il y a cinq ans. Et Manaouda Malachie ne frappe pas du point sur la table

 Décryptage

Certaines personnes vont jusqu’à donner une date précise, où le gouvernement obligera les Camerounais une fois de plus à se confiner. Un « retour en cage » avec son lot de conséquences, alors que l’on parle également de plus en plus du vaccin dont la campagne bat son plein dans certains pays occidentaux comme la France. Même si la vaccination avec le Comirnaty (le vaccin produit Pfizer/BioNTech) n’est pas sans risque, comme le témoignent les effets indésirables qui lui sont imputés. D’ailleurs, «un dispositif de surveillance renforcée et en temps réel a été mis en place en France par l’Ansm et le réseau des 31 Centres régionaux de pharmacovigilance (Crpv) pour identifier les effets indésirables qui pourraient survenir après la vaccination à partir des déclarations réalisées par les professionnels de santé ou par les personnes vaccinées.», souligne une source. En tout cas, depuis quelques jours au Cameroun, les sources officielles font état d’une nouvelle vague de contaminations au Covid-19, et de nombreux décès liés à cette pandémie dans certaines régions du pays. Raison invoquée : relâchement des mesures barrières. On peut  comprendre d’ailleurs que certaines personnes évoquent l’issue du reconfinement dans le pays.  C’est vrai qu’on parle aussi de la pression des nouveaux variants du Covid-19 qui menace certains Etats comme la France, mais est-ce le cas du Cameroun ? Comment ce pays qui vient d’organiser avec succès le Chan pendant lequel les stades en dehors de faire le plein, enregistraient des milliers de spectateurs ; ce pays qui vient d’accepter que soient organisés dans les principales métropoles, Douala et Yaoundé, des mégas concerts de musique ayant connu des affluences inestimables… peut-il être en voie à se reconfiner ? Il est vrai que la présentation des vœux de nouvel an au corps diplomatique et aux corps constitués de l’Etat n’a pas eu lieu cette année. Un double communiqué publié le 4 janvier 2021 signé du ministre, directeur du cabinet Civil Samuel Mvondo Ayolo et adressé notamment aux chefs de missions diplomatiques accrédités au Cameroun, aux membres des corps constitués nationaux, ainsi qu’à leurs épouses, les informait de ce que les cérémonies respectives de présentation des vœux au chef de l’Etat et à son épouse pour 2021 ont été annulées « en raison des mesures barrières adoptées par le gouvernement camerounais pour freiner la propagation du nouveau Coronavirus ». Dans la foulée, il n’y a pas eu de défilé du 11 février et même celui du 08 mars n’est pas d’actualité, tout comme les autres à venir, suivez mon regard.

Soumission rétribuée

Et le président, Paul Biya, lors de ces deux derniers discours à la nation, le 31 décembre 2020 et le 11 février dernier n’a pas manqué de relever les effets néfastes de cette pandémie aussi  bien sur le plan social qu’économique,  indiquant : « malgré nos efforts, le Covid-19 a endeuillé de nombreuses familles et provoqué de graves difficultés dans le fonctionnement de notre économie et de notre société ». Il avait décrié la négligence autour de l’observance des mesures barrières, précisant avoir « J’ai personnellement constaté que la plupart de nos concitoyens ne respectent plus les mesures de  protection édictées par le gouvernement » avant d’exhorter « Je vous invite à porter vos masques, à vous laver régulièrement les mains et à faire appel à un médecin ou à tout autre personnel de santé au cas où des symptômes apparaissent ». Est-ce que pour les Camerounais toutes proportions gardées ces raisons sont assez suffisantes et éloquentes pour plonger le pays une fois de plus dans l’impasse du confinement ? Non, la solution pourrait être ailleurs, disent certains. Pour ceux-ci, l’Etat devra d’abord, par exemple comme cela se passe ailleurs, rendre obligatoires le port de masque, le lavage dans les milieux publics et autres. Un reconfinement sonnerait simplement comme une soumission rétribuée à certaines organisations internationales comme l’OMS.

A qui la faute ?

Peut-être que tout le monde s’en lave les mains. Pendant que d’autres ont mis leurs masques pour ne pas être contaminés. Et d’autres encore sont en confinement ou en distanciation sociale. C’est le premier ministre, chef du Gouvernement, qui nous rend malades ? Il avait annoncé un audit des fonds Covid-19 en espèces et en nature, de sources locales aussi bien que de sources internationales. Il ne l’a jamais fait depuis cette annonce. L’opinion publique se retrouve comme un malade atteint de Corona virus, sous assistance respiratoire, dans l’attente désespérée d’un kit d’oxygène. On dirait que Chief Joseph Dion Ngute observe les mesures sanitaires en vigueur ou recommandées ici et là de par le monde, à savoir : se laver les mains au savon ou au gel hydro alcoolique, observer une distanciation sociale, ne pas s’approcher de certains animaux et porter un masque dans les lieux publics. Cela n’empêche pourtant pas la maladie de sévir au Cameroun. C’est le président de la République, chef de l’Etat, qui nous rend malades ? Depuis des semaines, des mois, que nous attendons un remaniement ministériel. Comme des malades du Covid-19 qui attendent des kits d’oxygène. Garant de notre sécurité sanitaire, il ne porte jamais de masque et cela à contribuer à la gravité de la variante camerounaise du corona virus mondiale, sans doute la plus redoutable selon d’éminent virologue : la maladie baptisée : Corona Virus. Pourtant, le chef de l’Etat camerounais a le vaccin contre cette forme de corona virus : un remaniement ministériel très prochainement. Celui-ci sauvera des vies humaines au Cameroun. C’est une question de Santé publique. Il est inutile d’attendre les vaccins des grandes sociétés pharmaceutiques internationales et la bonne humeur des pays occidentaux pour nous protéger contre la Covid-19. Le vaccin contre la maladie, c’est un remaniement ministériel. Mais la mise en quarantaine à la prison centrale de Kondengui de certains prévaricateurs des fonds Covid-19 reste valable, et même urgente, comme mesure barrière majeure dans la lutte contre cette pandémie et les nombreuses dépenses injustifiées.

Et la maladie alors L’incompétence et l’incapacité à faire observer les mesures barrières font froid au dos. Le dernier Championnat d’Afrique des Nations (CHAN 2021) fût la finale de l’incapacité du ministre de la Santé publique à protéger les camerounais. On dira que l’essentiel était d’organiser, après plusieurs bourdes en haut lieu jamais sanctionnées, certes. Mais quels prix ?  Les résultats sont prévus et ne tarderont pas. Deux semaines après la fin du CHAN, aucune mesure n’est prise contre le relâchement observé de la part des autorités sanitaires, l’insouciance et la désinvolture qui s’en sont suivies de la part des citoyens et l’indifférence généralisée face à un danger réel et planétaire. Les taxis ont repris les surcharges, les marchés sont bondés du matin au soir, les restaurants et les bars ne désemplissent pas, les lieux publics fonctionnent comme il y a cinq ans. Et Manaouda Malachie ministre de la Santé publique ne frappe pas du point sur la table question  d’arrêter cette fameuse récréation. La gestion de la pandémie du Covid-19 tant dans les stratégies de riposte que dans la gestion des fonds matériels et financiers n’est pourtant pas la seule maladie de Certaines personnalités en charge. Le corps médical a en effet décelé plusieurs insuffisances dans le fonctionnement quotidien de l’administration. Mais l’urgence actuelle est à un dispositif sanitaire rigoureux, peut-être un (re)confinement et à des mesures barrières rigoureuses quitte à solliciter chaque ministre chacun dans son domaine au sein de l’appareil gouvernemental. Aux dernières nouvelles, cela se prépare. On espère que ce ne sera pas un autre virus.

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