Près d’un milliard de FCFA de perte aux mois de janvier et février 2021. Sur cette même période, pas moins de 200 poteaux se sont effondrés sous l’effet des feux prémédités.

L’entreprise EneoCameroon, concessionnaire du service public de la production et de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun, connait depuis le début de cette année 2021 de sérieuses perturbations en fourniture d’énergie dans certaines localités du pays, à cause des feux de brousse. La dernière localité victime de ce phénomène désormais préoccupant est celle de Dibombari dans le département du Moungo, région du Littoral, le 8 mars dernier. Elle avait été précédée la veille par les localités de Messamendongo, Mimetala, Mfou, Nsimalen, Nkolnda, Mehanda, non sans oublier Nanga-Eboko. L’entreprise pointe clairement un doigt accusateur sur les agriculteurs, qui selon elle, sont délibérément responsables de cette situation. A l’évaluation de la situation, Eneo révèle que depuis janvier 2021, à peu près 200 poteaux se sont effondrés sous l’effet des feux prémédités, avec des pertes financières importantes qui avoisinent le milliard de FCFA sur cette seule période. « Sur le plan financier, le coût est astronomique. Il faut prendre en compte des dépenses relatives aux travaux de remplacement des supports et accessoires détruits et le manque à gagner pour Eneo du fait de l’impossibilité de commercialiser l’énergie produite pendant la durée des incidents. Globalement, dans les différentes régions touchées en deux mois, les dégâts pour Eneo sont de l’ordre d’au moins 800 millions de francs CFA », a indiqué l’entreprise dans une note d’information rendue publique le 13 mars dernier, et dont votre journal a eu copie. Les régions les plus impactées par ce phénomène depuis le début de l’année sont : le Centre, le Sud, l’Est, le Sud-Ouest, le Littoral forestier (Nkam, Moungo, Sanaga Maritime). Et parmi les localités qui souffrent ou qui ont souffert de l’absence d’énergie, on compte Yabassi, Ngambé, Nsimalen, Nyom, Dibombari, NangaEboko, Nsimalen, Bertoua, Kumba, Mamfe, Yabassi, Nkongsamba, Axe Mvoutessi-Sangmelima, Axe Ekombitié-Nkolmetet, Ebolowa… L’entreprise déplore par ailleurs que des milliers de familles vivent dans un inconfort dû à l’absence prolongée d’électricité, résultant de ces feux de brousse, et surtout que la qualité de service et la qualité de la relation entre Eneo et ses clients se détériorent. Non sans compter l’énorme préjudice subi par les opérateurs économiques desdites localités, du fait du ralentissement de leurs activités économiques. « C’est une grande épreuve pour Eneo qui se retrouve à orienter ses efforts où elle ne les avait pas programmés. Forcément, les programmes d’investissement prévus subissent un coup dans leur réalisation », renchérit la structure, qui est résolument engagée dans un renouvellement de ses installations avec le renforcement de son réseau par un mix poteaux béton-métalliques-bois. En 2020, elle a procédé au changement de 34 000 poteaux de ce type, et compte en faire encore plus en 2021.

La partition des autorités administratives

L’ampleur du phénomène des feux de brousse qui impactent la fourniture d’électricité dans certaines régions et privent de ce fait de nombreux ménages avec des conséquences perceptibles sur l’activité économique, a contraint des autorités administratives dans la région du Sud de monter au créneau. Dans le département de la Mvila, le préfet Sylyac Marie Mvogo a signé un arrêté préfectoral le 4 mars dernier, portant interdiction des feux de brousse dans son département. Il déplore de « des nombreux cas de destruction des plantations et d’installations électriques » à cause de ce phénomène. Dans un autre arrêté préfectoral, son homologue du Dja et Lobo, Damien Owono, déplore que cette pratique soit utilisée comme technique de chasse, pour la pratique de l’agriculture sur brulis ou encore la régénération des pâturages. Il interdit cette pratique dans son ressort territorial, pour dit-il, contribuer au maintien de l’ordre public et à la protection de la nature. Et même s’il n’indique pas clairement que cette mesure prise le 5 mars dernier participe également à préserver les installations d’Eneo, il n’en demeure pas moins que le timing de cette sortie ne saurait exclure cette éventualité. Pour sa part, Eneo se félicite de l’implication des pouvoirs publics dans la lutte contre ce phénomène. « Eneo travaille en collaboration avec les autorités administratives afin de réguler les feux de brousse. Elle se réjouit de ce que certaines autorités prennent la pleine mesure de la situation en formalisant l’interdiction de l’utilisation des feux de brousse. Il faut noter que des autorités ont aussi pris des mesures coercitives comme l’interpellation des individus responsables des feux de brousse ou des actes de vandalisme pour répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes. Eneo compte aussi au travers des radios communautaires passer des messages en langues locales de sensibilisation et d’inciter au changement de comportement dans les zones rurales », soutient l’entreprise dans sa note d’information du 13 mars dernier.

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