Dans un communiqué adressé au fils du Maréchal, le président camerounais prend fait et cause pour le nouveau coup d’état à Ndjamena.

Pouvait-on être surpris de la réaction du chef de l’État camerounais à l’endroit du pouvoir au Tchad ? D’aucuns répondraient oui, parce que Paul Biya s’est toujours voulu montrer légaliste. Cette fois avec la mort confirmée de son homologue, frère et ami du Tchad Deby, le Camerounais a opté pour le nouvel homme fort, le général de fils de président. Pourtant, la constitution tchadienne prévoit pour le cas d’espèce, l’intérim à être assuré par le Président de l’Assemblée Nationale du Tchad dans les quarante-cinq jours suivant la mort du Président. S’il reste vrai que le pays des Toumaï est resté relativement stable sous le Maréchal avec une vision assez claire de l’intégration sous-régionale, on est moins sûr du niveau de compréhension des enjeux par un fils dont les capacités ne résident que dans l’art de la guerre. Tout ceci reste tout de même en marge des pratiques pour le moins démocratiques. Ça n’est autre donc qu’un coup d’état qui prend le pouvoir du Président de l’Assemblée Nationale en se cachant derrière « une transition de dix-huit mois et l’organisation d’élections qui respectent les principes démocratiques ». Au moment où le président Paul Biya du Cameroun, tout comme les autorités françaises, semble s’aligner derrière les faits accomplis, il y a lieu d’interroger le futur des relations entre Yaoundé et Ndjamena, surtout que le Front pour la libération du Tchad à travers un de ses porte-voix dit marcher sur la capitale tchadienne dans les jours qui viennent. Ayant loupé son association à l’intervention militaire, les autorités camerounaises n’ont plus que le champ politique et diplomatique pour sortir la tête de l’eau.

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