Pour cause de la pandémie du Coronavirus qui sévit sévèrement au Cameroun, toutes les festivités liées aux manifestations de la 49e  édition de la fête nationale ont été une fois de plus annulées. L’homme de la rue en est à se demander à quoi servent les lignes de crédits affectés aux préparatifs de ces agapes nationales, puisque paradoxalement, le budget y afférent a été revu à la hausse.

Il faut rappeler que ce n’est pas la première décision forte prise par le Chef de l’Etat depuis le déclenchement du Coronavirus au Cameroun. Paul Biya avait déjà décidé en mai 2020, d’annuler les manifestations publiques, notamment les parades du 20 mai, la fête nationale du Cameroun. Le Cameroun une fois de plus va donc organiser des célébrations à minima cette année. Le ton a été donné le 21 avril 2021 dernier avec la tenue de la session du Conseil des Ordres Nationaux présidé pat Philémon Yang en lieu et place du président de la République. On apprendra ici que pas moins de 3350 insignes seront distribuées aux camerounais les plus méritants. Jamais auparavant, le Cameroun ne s’est retrouvé dans une telle situation. Où toutes les attentions sont tournées vers une menace invisible mais globale. C’est le cas avec le péril Coronavirus qui occupe tous les esprits en ce moment. A quelques jours de la commémoration de la 49e édition de la fête nationale du 20 mai 2021, le Cameroun continue de se battre contre la propagation du virus dont les chiffres sans être exponentiels, croissent chaque jour. Une décision qui a en outre pour incidence, de limiter les dépenses observées chaque année pour les festivités liées aux célébrations. Pour ne prendre que le cas de la capitale Yaoundé, où le président de la République préside personnellement le défilé civil et militaire, il faut chaque année réfectionner les tribunes officielles, octroyées de nombreuses dotations aux troupes qui défilent, et organiser la soirée de gala au palais de l’unité, et les feux d’artifice en soirée, sans compter la parade militaire et la retraite au flambeau du 19 mai de chaque année. Les mêmes dépenses, à une échelle moindre, se font dans toutes les unités administratives du pays. Une économie substantielle qui pourra être dirigée vers d’autres priorités par ces temps de lutte acharnée contre la pandémie du coronavirus.

La grande muette en pole position

Paradoxalement le budget 2021 des frais de fêtes et cérémonies officielles est passé de 58 à 70 milliards. Ce qui a fait jaser le  président régional du SDF pour le Littoral, Jean Michel Nintcheu qui n’a pas manqué de le relever : «Ils viennent de déprogrammer la cérémonie des vœux au Palais de l’Unité, pandémie de covid-19 oblige. Paradoxalement, le budget 2021 des frais de représentation, de fêtes et cérémonies officielles est passé de 58 à 70 milliards soit une augmentation de plus 12 milliards FCFA. Pourtant ils savaient bien qu’on allait toujours être en pleine pandémie de covid-19 en 2021 puisque toutes les prévisions allaient dans ce sens. À qui et à quoi servira donc cette augmentation de plus de 12 milliards FCFA ? Navigation à vue budgétaire, quand tu nous tiens». Un doigt accusateur est pointé sur le ministre délégué chargé de la Défense qui reçoit généralement la part du lion pour la préparation de la parade militaire au Boulevard du 20 mai et à la base aérienne. Entre redonner l’aspect de neuf à l’ensemble du matériel retenu pour des démonstrations, équiper les troupes, les habiller, alimenter les soutes à carburant et bien d’autres aspects, il est facile de justifier le budget. Joseph Beti Assomo peut-il dire à l’opinion publique à quoi a servi la ligne budgétaire liée aux préparatifs du défilé du 20 mai de l’année dernière ? Etant entendu que le Cameroun est entré à l’ère des audits, pourquoi une commission parlementaire n’essaie-t-elle pas de s’intéresser à la gestion du Mindef de son budget de l’année passée ? Cela permettra à coup sûr d’éviter le bug qui se prépare déjà en filigrane.

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