L’organisation internationale humanitaire Médecins sans frontières (MSF) reconnait ne pas être parvenue à convaincre les autorités camerounaises de lever l’interdiction qui pèse sur ses opérations dans le Nord-Ouest. Dans un communiqué du 29 mai dernier, l’ONG basée à Genève (Suisse), déclare qu’« après plusieurs rencontres avec plusieurs ministres, la visite du directeur général de Médecins sans frontières au Cameroun n’a pas abouti à la reprise de ses activités médicales dans la région du Nord-Ouest où l’ONG a été interdite d’apporter de l’assistance médicale depuis plusieurs mois ».

« Si notre visite a été l’occasion d’examiner des questions importantes, aucun accord n’a pu malheureusement être atteint sur une reprise immédiate de notre assistance médicale dans la région du Nord-Ouest. Cela est décevant, mais nous gardons espoir que la levée de cette interdiction peut intervenir dans les prochains jours », a indiqué le directeur général de MSF, Stephen Cornish. Ce dernier est arrivé à Yaoundé il y a quelques semaines. Tout au long de sa visite, le dirigeant de MSF a rencontré les ministres de l’Administration territoriale, de la Santé publique, de la Défense, des Relations extérieures ; ainsi que d’autres officiels Camerounais. Au cours de ces rencontres, Stephen Cornish a confessé que le gouvernement veut surveiller étroitement les activités de MSF dans la région du Nord-ouest. « Nous avons été suspendus en attendant la clarification de notre contexte de fonctionnement avec le ministère de la Santé. Pendant ce temps, il est devenu clair au cours des discussions ultérieures que le gouvernement camerounais voudrait contrôler plus étroitement nos opérations humanitaires médicales », a-t-il déclaré.  L’ONG est en effet accusée, depuis 2020, d’aider les séparatistes dans cette région. En effet, d’après des sources sécuritaires, l’appui de MSF permettrait, non seulement à l’hôpital Saint Mary Soledad de prendre en charge les membres des groupes armés séparatistes, mais aussi de leur offrir une protection. Des accusations rejetées par l’organisation humanitaire.  « Nous voulons travailler au Cameroun selon les principes du droit international humanitaire et de l’éthique médicale tels qu’ils sont obtenus partout. Pour nous, le plus important dans le Nord-ouest est de garantir l’accès des services de santé à la population et il est indéniable que cette suspension a eu un impact », fait savoir Stephen Cornish. C’est le 8 décembre 2020, que le gouverneur de la région du Nord-Ouest prend une décision portant suspension du partenariat entre MSF et l’hôpital catholique Saint Mary Soledad de Bamenda. Cette décision est aussi valable pour tout partenariat similaire avec d’autres formations sanitaires dans le Nord-Ouest. La décision s’appuie sur le rapport circonstancié du 28 août 2020 sur les activités de MSF dans le Nord-Ouest et sur une recommandation de la réunion de crise tenue entre cette ONG et son partenaire. Depuis lors, l’ONG est persona non grata dans cette région. Le directeur général a cependant annoncé que les discussions se poursuivraient dans les prochains jours pour arriver à un accord.

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