Le licenciement annoncé de 250 employés pour « insuffisance professionnelle » par la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), filiale du Français Somdiaa, pourrait peut-être trouver une autre issue dans un délai d’un mois.

En effet, le gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, a présidé une réunion tripartite d’urgence ses services le 21 juin dernier. Y ont pris part : le directeur général adjoint de la Sosucam, Jean Second Libock, ses collaborateurs, le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (CSTC), le préfet de la Haute Sanaga, les services de sécurité et le ministère du Travail et de la sécurité sociale. À l’issue de cette réunion, le gouverneur a mis sur pied une « Commission tripartite » composée de 12 membres à savoir : administration du travail (4 membres), direction générale de la Sosucam (4 membres) et travailleurs (4 membres). Selon nos sources, « Cette commission aura un mois pour rendre sa copie et ses conclusions dans le cadre du licenciement en cours à la Sosucam S.A. après avoir étudier l’intégralité des dossiers et les modalités de départ de chaque travailleur mis à la porte ». Dans la foulée, la CSTC, signataire au nom des travailleurs mis en cause dans l’opération de licenciement d’un préavis de grève, a décidé de suspendre « l’action syndicale jusqu’à l’épuisement du processus de dialogue, de concertation et de libre négociation collective engagé ce jour-là ». Mais en attendant les conclusions de cette commission, la CSTC a déjà déposé sur la table du gouverneur un mémorandum de 18 points. L’on retient, entre autres, que le syndicat exige la « reconsidération du motif de départ de ces travailleurs, car à la lecture des multiples lettres d’information et notes de service signées par le top management de la Sosucam S.A., on peut lire insuffisance professionnelle. Cette rupture de contrat de travail doit être des départs négociés » ; la prise en charge par l’employeur des cotisations sociales prenant en compte les quotes-parts employeur et travailleur pour le reste d’année à la Caisse nationale de prévoyance sociale.

Primes et indemnités

Hormis le paiement intégral du dernier mois (juin 2021 : NDLR), la Confédération syndicale demande à la Sosucam de reverser une indemnité de fin de carrière non imposable, une prime de déménagement, une indemnité de préavis, une prime de congé annuel, le versement de la prime du 13e mois et la prime de fin de campagne. « La Sosucam devra reverser aux travailleurs mis à la porte une prime de réinsertion sociale représentant 12 mois de salaire de base échelonnée. L’entreprise devra verser un préjudice subi par les travailleurs suite à la rupture brutale des contrats (dommages et intérêts) qui doit obéir à un mois de salaire multiplié par le nombre d’années restant à travailler. Sans oublier le reversement d’une prime de bonne séparation », apprend-on du syndicat. Last but not the least, la filiale de Somdiaa est invitée à prendre en charge la dette des travailleurs dans les banques, car, selon la Confédération syndicale, c’est l’entreprise qui a donné des attestations de virement irrévocable aux employés pour contracter des crédits auprès des banques pour ensuite procéder à une rupture brutale des contrats. Aussi, la CSTC demande l’arrêt immédiat des velléités de suppression de nouveaux emplois à la Sosucam. Jusqu’ici, la Société sucrière se garde de tout commentaire. Pour sa part, le ministre du Travail, lui, a écrit à l’entreprise le 11 juin dernier. « Dans l’intérêt de l’entreprise, en vue de prévenir d’éventuels cas de contentieux et de préserver la sérénité du climat social, il serait indiqué en pareille circonstance de préconiser la formule des départs négociés avec ces travailleurs », a recommandé le ministre du Travail. Leader du marché camerounais du sucre (70% de couverture), Sosucam, détenu à 74% par le Français Somdiaa et 26% par l’État du Cameroun, a été créé en 1965. La société revendique en tout 8000 emplois directs et indirects pour une masse salariale annuelle de 14 milliards de FCFA.

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