« Les grandes oreilles» indexées d’inonder Paul Biya de « tuyaux percés»

Qu’on se le tienne pour vrai, le Cameroun vit depuis pas mal d’années, une situation sécuritaire qui donne matière à réflexion et pouvant aboutir au chaos. Comment passer par pertes et profits les attaques essuyées de toutes parts par des ennemis invisibles, sortes de cellules dormantes … et autres saisies d’armes, les révélations de Wikileaks, l’insécurité transfrontalière, la crise anglophone. Les combats à fleurets mouchetés des réseaux pour l’alternance au sommet de l’État, les accointances de certaines autorités locales pour la déstabilisation du Cameroun, les tractations dans l’ombre pour l’arrêt des grands projets économiques, l’explosion de la soute à munitions au Quartier général à Yaoundé et on en oublie. Tous ces événements malheureux pouvaient être le déclic d’une implosion sociale. Ce bataclan pousse l’opinion nationale à se poser la question de savoir: Quel est le véritable rôle que jouent les services de renseignement au Cameroun ? À Propos, dans une note expédiée jadis au chef de l’État, un ponte du régime dépréciait l’état de léthargie de ces hommes pour qui, les pouvoirs publics débloquent chaque année d’astronomiques sommes d’argent pour leur permettre de veiller avec efficacité sur la sécurité du peuple camerounais : « la recrudescence des actes de déstabilisation sur l’ensemble du triangle national, prouve à suffisance l’incapacité des services de renseignement et de sécurité d’anticiper sur le plan du renseignement prévisionnel afin d’informer par note, l’autorité de décision », explique notre source.

Écuries d’Augias

Il est donc légitime d’affirmer, pince sans rire, qu’un malaise aux conséquences gravissimes et fâcheuses couve sous la cendre de ces services. Ce qui amène les Camerounais à s’accorder sur un sacro-saint principe : revoir le mode de fonctionnement et, au possible, nettoyer les écuries d’Augias. D’où la question de savoir: Que gagne-t-on à envoyer des notes tronquées au premier des Camerounais, pendant que les choses vont de charybde en scylla au fil des jours ? Ce beau monde est également accusé de verser plus dans l’affairisme, abandonnant de facto, ses missions originelles. Selon nos sources, leurs renseignements sont tirés d’articles de presse. Une façon peut-être de dire que ce sont les journalistes qui sont les véritables informateurs du Chef de l’Etat et des concitoyens.

À tout prendre, ces « sécurocrates du dimanche » (l’expression n’est pas de nous), mus par l’appel du ventre, évoluent généralement en solo au risque de se télescoper sur la planche glissante du «gombo». La synergie d’action est ainsi foulée aux pieds, au grand dam de la sécurité nationale. Qui pis est, ces sécurocrates sont également accusés de rédiger de fausses notes pour extorquer de l’argent aux hautes personnalités avides de nominations. Aussi, dans leur quête effrénée de fifrelet, les passes d’armes verbales sont itératives allant dans le sens des guerres de leadership entre les services. L’intérêt particulier prend ainsi le pas sur « la sale besogne » pour laquelle, ils sont assignés. Ne pouvant plus contenir leur courroux, certaines personnalités, en petits comités, tiennent à loisirs ces propos au vitriol: « Leur incapacité à anticiper sur ces manœuvres de déstabilisation est un sérieux handicap qui, à la longue, peut porter préjudice sur le plan politique, diplomatique et économiques au Cameroun. Il urge donc de procéder à un vaste mouvement des patrons des services de renseignement et de sécurité à l’effet de les remplacer par des hommes intègres ». En face, on argue de ce qu’il faut encore plus de moyens non sans saluer la bravoure des forces de défense nationales sur le champ des opérations dans la partie septentrionale, contre la secte islamiste Boko Haram et le NoSo.

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