A quelques semaines de la visite officielle de travail  du chef de l’Etat camerounais en Hexagone, l’on assiste à une résurgence des attaques de la secte islamiste Boko Haram dans le Grand Nord et l’intensification de la crise anglophone, avec en prime, un nombre de décès jamais enregistré dans les rangs de l’armée camerounaise. De lourds soupçons pèseraient sur Paris qui, des dires soufflerait sur les braises dans le but d’avoir les coudées franches lors des discussions prochaines avec Yaoundé.

Les forces de défense camerounaises font l’objet d’attaques depuis quelques jours par les terroristes de la secte islamique Boko. Ces attaques sont soldées par plusieurs morts et blessés du côté de l’armée. Ces pertes relancent les débats sur l’efficacité des soldats déployés sur le terrain et la détérioration de la situation dans la région de l’Extrême-Nord dans la lutte contre Boko Haram. Selon les témoignages recueillis par une source auprès des soldats sur le terrain, les insurgés de Boko Haram reviennent en force et plus déterminés que jamais. En effet, la source précise « qu’ils auraient reçu des renforts de mercenaires venus du Soudan et semblent mieux équipés. Le matériel militaire que ces insurgés utilise est neuf. Y compris les véhicules ». Aux armements s’ajoutent les nouvelles tactiques adoptées par les insurgés. Par exemple, affirme-t-elle, les terroristes « s’attaquent moins aux populations et ont recentré leurs attaques sur l’ennemi structurel: l’Etat. Ce qui leur a permis de regagner en partie la confiance des populations et de d’accentuer leur renseignement ». Il faut souligner que ces pertes en vies humaines ne sont pas seulement dues à l’aptitude des terroristes aux affrontements armés. Le moral des troupes serait au plus bas. Ils se disent totalement abandonnés par la hiérarchie militaire. « Certains postes avancés à la frontière permettant de surveiller l’ennemi font des mois sans qu’aucun haut gradé de l’armée n’y mette pieds pour une évaluation de la situation. Ce n’est qu’avec ces attaques que ces chefs qui sont régulièrement à des centaines de kilomètres descendent sur le terrain pour transporter les cadavres et montrer qu’ils travaillent », confie-t-elle. Il faut rappeler que l’attaque de Boko Haram intervenue dans la nuit du lundi à ce mardi 27 juillet aux environs de 3 h du matin ne s’est pas déroulée comme les précédentes. Les terroristes ont selon des informations puisées à bonne source, brulé une position des soldats de l’armée en mission dans cette zone. Le bilan provisoire non officiel fait état de 5 morts brûlés vifs au poste de Zigué à 30 km de Waza. Aussi faut-il souligner que dans un communiqué publié ce lundi 26 juillet, le ministère camerounais de la Défense a donné le bilan d’une autre violente attaque terroriste qu’a essuyée des militaires camerounais au cours d’une opération dans l’extrême nord du pays fin semaine dernière. « La matinée du samedi 24 juillet 2021, aux environs de 4 heures, une horde de terroristes Boko haram lourdement armés et à bord de véhicules tactiques légers a attaqué le poste avancé de l’opération militaire ‘Emergence 4’ située dans la localité de Sagmé, arrondissement de Fotokol, département de Logone et Chari, région de l’extrême nord », reconnait le ministère de la Défense dans le communiqué. « Le bilan provisoire de cette macabre expédition est le suivant: huit militaires tués et treize blessés évacués à l’hôpital militaire de Maroua pour un suivi approprié…Plusieurs assaillants neutralisés, leurs corps ont été emportés pendant le repli des terroristes conformément à leurs habitudes en pareilles circonstances », ajoute le Mindef dans le communiqué signé par le Capitaine de vaisseau Atonfack Guemo Cyrille.

Allégeance

Une autre source fait état de ce qu’Abu Mussab El Barnawi de Iswap a fait allégeance à Daesch et veut prendre le contrôle de tous les secteirs tenus par les hommes d’Abubakar Shekau, cause de desattaques actuelles des postes avancés des forces de sécurité. Ceci est aussi le modus operandi du chef rebelle El Barawi qui s’attaque plus aux hommes en tenue et épargne les civils. Ces attaques vont se poursuivre en intensité. D’où la nécessité d’une vigilance accrue et l’anticipation des opérations par les forces de défense.

Le jeu trouble de la France

A quel jeu joue le pays d’Emmanuel Macron sur le dossier Cameroun ? Du côté de Yaoundé, les diplomates des autres puissances occidentales semblent décontenancés par la stratégie Française dans un contexte de résurgence des attaques de Boko Haram dans le Grand-Nord et l’intensification de la crise anglophone qui a causé un nombre de décès jamais enregistré dans les rangs de l’armée camerounaise. Au-delà du soutien financier, il y a encore quelques mois les salaires des fonctionnaires et  militaires ont été payés par l’Agence Française de Développement, plus un don de matériel militaire dont il s’assure de la continuité. Cette stratégie du « black-out » est suivie à la lettre par le Quai d’Orsay qui n’hésite pas à déployer ses moyens pour empêcher tout débat à l’échelle internationale sur le Cameroun.  A ce sujet, l’un des succès de la diplomatie française aura été de convaincre Paul Biya de poursuivre en catimini les discussions avec certains leaders ambazoniens sous la coordination du patron de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko et du premier ministre Dion Ngute. Ainsi, des rencontres se sont multipliés ces derniers mois entre les différentes parties dans le plus grand secret. Elles vont se poursuivre. Le secret sur ce qui se passe au Cameroun, Paris s’assure également que cela soit de mise aux Nations Unies. A cet effet, le pays de De Gaulle, dont Emmanuel Macron en est l’héritier  a pris la présidence du Conseil de Sécurité des Nations Unies à la fin du mois juillet 2021 pour une durée d’un mois comme le veut la tradition. Cependant, dans son agenda, Paris a pris soin d’éviter la situation Camerounaise. Ainsi, la France dit vouloir se consacrer avec corps et âme à l’action humanitaire en Syrie et à la paix et la sécurité tenez-vous tranquille : En Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Mais, des réunions sont prévues sur la République démocratique du Congo, l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, la Colombie, le Darfour et Chypre. Rien sur la situation de l’Afrique Centrale et encore moins le Cameroun. Or la situation va de mal en pire.

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