La question de la propreté dans les hôpitaux embarrasse Malachie Manaouda, ministre de la Santé publique qui ne veut pas jouer « les avocats du diable. »

Champs de maïs dans les enceintes des formations sanitaires, odeurs nauséeuses, services à l’abandon depuis des années font débats entre les acteurs.

La question de la propreté dans les formations sanitaires au Cameroun reste préoccupante. Le ministre de la Santé Publique le relevait encore le 14 juillet dernier au cours de la séance d’évaluation de la riposte contre le Covid-19. Cette rencontre entre Malachie Manaouda et les directeurs des hôpitaux a permis de dresser un état des lieux de l’hôpital au Cameroun. La gouvernance hospitalière en matière d’insalubrité est encore un ventre mou. Comment comprendre qu’un directeur d’hôpital passe des années sans faire le tour des services pour se rendre compte des réalités. Malachie Manaouda, visage serré, était au regret de le faire savoir.  Une expérience qu’il a vécue lors de ses descentes inopinées. certainement que le ministre de la Santé publique n’a pas eu la chance d’aller à l’hôpital Gynéco obstétrique et pédiatrique de Ngousso et de constater que des espaces verts réservés sont devenus des espaces de culture du maïs, chantre des moustiques, vecteur du paludisme. Le Minsanté n’est pas allé vérifier comment se fait le traitement des déchets hospitaliers dans certains hôpitaux de référence.

La conséquence est qu’il est parfois insupportable de fréquenter ces formations sanitaires. La question de la gestion des ressources disponibles se pose dans ce sens. Le ministre de la Santé publique estime que si une formation sanitaire comme l’hôpital central de Yaoundé dispose  aujourd’hui de deux scanners au frais de l’Etat qui ne demande aucun remboursement,  les recettes issues de ces scanners doivent pouvoir contribuer à la maintenance et à la propreté des services.

Au cours des échanges, Malachie a émis le vœu de voir les managers de tous les hôpitaux mettre un accent sur l’hygiène et salubrité. Pour lui si l’hôpital n’est pas un lieu de tourisme, mais le malade  ou l’usager devrait se sentir à l’aise en fréquentant une formation sanitaire. Il a invité les directeurs à visiter régulièrement les services pour avoir le pool de la réalité au quotidien. « On ne peut pas diriger étant assis dans un bureau », va souligner le Minsanté, tout en invitant le personnel de santé à se vacciner contre le Covid 19. Sous réserve que le message de Malachie Manaouda ne va pas rencontrer des résistances, l’urgence de maintenir les formations sanitaires fréquentables s’impose comme une thérapie.

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