que_vaut_la_filiere_bovine_au_1818023071_bovine-filliere

Les prix de cette denrée subissent des fluctuations sur le marché, et culminent en ce moment jusqu’à 3000F le kilogramme de viande sans os, contre 2500F celui avec os. Le bœuf n’est pourtant pas d’une rareté préoccupante, mais d’autres facteurs peuvent justifier cette instabilité des prix, notamment l’abandon de l’activité de l’élevage dans l’Adamaoua, ou encore l’absence de financements autonomes pour les bouchers.

La viande de bœuf, l’une des denrées les consommées au Cameroun et principale source de protéine sur les tables à Yaoundé, n’est plus l’aliment le plus facilement repérable dans le panier de la ménagère depuis plusieurs mois. Et pour cause ? Elle est également victime de l’inflation généralisée observée sur le marché, et le prix est presque hors de portée sur les étals pour les ménages à faible revenu. Le kilogramme de viande avec os se vend actuellement à 3000F dans plusieurs marchés de Yaoundé, contre 2500F le kilogramme de viande avec os. Des prix largement au-dessus des prix homologués par le ministère du Commerce, à savoir 2300F pour le kilogramme de viande avec os, et 2800F pour le kilogramme de viande sans os. Une envolée des prix qui contraste pourtant avec la disponibilité de la viande de bœuf. A titre d’illustration, le marché de bétail d’Etoudi à Yaoundé, réputé parmi les plus importants dans ce secteur, ne souffre aucunement de pénurie de bœufs.  « Il n y a pas pénurie de bœufs. On reçoit environ 5000 bœufs par semaine ici. Avec la CAN, les animaux ne peuvent pas être conduits au pâturage. On a du mal à les contenir », fait savoir le Dr Chetima, technicien vétérinaire du centre zootechnique d’Etoudi, dans des propos relayés par le journal le Jour de lundi dernier. Des propos qui sont corroborés par ceux du délégué régional de l’Association nationale des commerçants à bétail du Cameroun (Ancbc), Haman Mamadou. « Je tiens des registres de toutes les entrées des camions. Au mois de décembre, nous avons atteint 128 camions en une semaine, à raison de 30 bêtes en moyenne. En ce début d’année, nous avons eu 106 camions en une semaine », relève-t-il. A l’observance, même si les quantités ont relativement baissé entre la fin du quatrième trimestre 2021 et le début du premier trimestre 2022, il n’en demeure pas moins vrai qu’elles sont suffisantes pour satisfaire la demande des consommateurs de Yaoundé. Le contraste est donc évident, l’abondance du bétail n’induit pourtant pas une baisse des prix. Et ceci s’explique par plusieurs facteurs. En effet, à l’échelle nationale, la cherté des bêtes en est une conséquence, du fait de l’abandon de l’activité de l’élevage, précisément dans la région de l’Adamaoua, le plus grand bassin de production du pays, en proie à l’insécurité, apprend-on. « Les bergers sont enlevés dans la brousse contre de fortes rançons. Les éleveurs sont obligés parfois de liquider leurs troupeaux et libérer les leurs à hauteur de millions. Ils font faillite. Après cela, ils abandonnent l’élevage et se lancent dans d’autres activités », soutient le Dr Chetima. Une situation qui contraint le Cameroun à se ravitailler également dans les pays voisins, notamment au Tchad et au Soudan. Dès lors, le bétail est revendu en tenant compte d’autres facteurs liés notamment au transport. L’on déplore également l’absence de financements pour permettre aux bouchers de s’autonomiser. « Les bouchers n’ont pas de capital. Ils vivent à crédit. Ils viennent prendre les bêtes auprès des commerçants, ils livrent à ceux qui font le soya, aux femmes qui préparent et autres. En fin de journée, ils doivent collecter l’argent et remettre aux bergers pour avoir à nouveau des bœufs. L’Etat doit subventionner ce secteur », analyse le Dr Chetima dans les colonnes du quotidien Le Jour. Il importe de préciser que la filière bovine va bientôt enregistrer un accroissement de sa production grâce au Projet de développement des chaînes de valeur de l’élevage et de la pisciculture (PDCVEP), lancé par le gouvernement l’année dernière et financé à hauteur de 65 milliards de FCFA sur les cinq prochaines années. Concrètement, le PDCVEP va permettre l’accroissement compétitif et hygiénique des produits bovins, porcins et piscicoles et l’amélioration des revenus des acteurs ainsi que la création de nouveaux emplois dans les trois chaînes de valeur que sont la filière bovine, la filière porcine et la filière piscicole.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.