Dans un long document de trois pages, des cadres du ministère de la jeunesse et de l’éducation civique, dénoncent les pratiques douteuses instaurées par le ministre Mounouna Foutsou. Ils accusent ce dernier de détournement de deniers publics, de tribalisme et d’instauration d’un climat de terreur. Les cadres mécontents de ce ministère ont saisi le CONAC.

“ Nous venons ce jour après un long silence complice que garde presque tout le monde, dénoncer certains faits qui se passent très malicieusement au Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique.

En fait Monsieur Le Président, ce département ministériel est devenu un véritable corridor de l’enfer pour beaucoup de ses cadres qui cherchent à quitter en vague cette administration qui se meurt du fait d’une gloutonnerie loufoque, fantasque de celui qui préside aux destinées de ce ministère par des promotions fantoches, du tribalisme à outrance, du marchandage de nominations, du clientélisme, dans le seul but d’installer un dispositif de peur , de terreur et de représailles sur les cadres à tous les niveaux afin de mieux les museler pendant qu’on se sert tranquillement . Pour entrer dans le vif du sujet et mieux circonscrire les faits qui devront retenir votre haute attention, nous allons les énumérer d’une manière crescendo pour votre haute compréhensibilité. Depuis 2006 date de la genèse du Ministère de la Jeunesse, les cadres de ce département ministériel ont perçu en celui-ci un instrument de travail qui venait à point nommé répondre aux préoccupations de ces derniers qui se faisaient ombrage pendant qu’ils côtoyaient leurs collègues (enseignants de sport et éducation physique) de l’ancien Ministère de la jeunesse et des Sports et une réplique idoine pour les préoccupations de la jeunesse camerounaise.

Avec son évolution en 2011 comme Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique, ses missions ont avantageusement changé de cible car s’occupant globalement au-delà de la jeunesse, de toute la population camerounaise.

Noble mission confiée à nous par le Président de la République, Chef de l’Etat S.E Paul BIYA.

Cependant il faut relever avec beaucoup de véhémence, certaines déviances répétées au fil des années surtout depuis 2015 qui se doivent d’être dénoncées et révélées au grand jour. Nous allons vous les exposer tout en vous élucidant leur implication dans la mal gouvernance qui devient la tasse de thé de ce département ministériel.

Des retro commissions dans l’affectation des crédits du Budget d’Investissement Public ; du marchandage des promotions et nominations ; du tribalisme à exubérance à l’endroit des cadres ; du détournement des fonds à travers le serpent de mer dénommé « Observatoire National de la Jeunesse du Cameroun » et du « Fameux Plan Triennal Spécial Jeunes » ; de la mise en place d’un climat de terreur envers les cadres pour mieux les museler.

DES RÉTROS COMMISSIONS DANS L’ATTRIBUTION DES CRÉDITS DU BUDGET D’INVESTISSEMENT PUBLIC.

Un mécanisme très discret a été mis en place : Un cadre connu par le jeu du favoritisme, du tribalisme et des affidés, est préalablement nommé à un poste où il ya déjà eu programmation d’un crédit du budget d’investissement public pour l’année suivante. Lorsque celui-ci reçoit ce crédit il doit reverser des rétros commissions à l’envoyeur. Parfois dans certains cas ce crédit est engagé par le cabinet du Ministre par une alchimie bien burlesque au préjudice de la structure en question.

                                               LE MONNAYAGE DES NOMINATIONS ET DES PROMOTIONS

Un réseau bien huilé a été dressé pour le monnayage des postes et des nominations. Nous pensons sincèrement que ces affidés ont la prétention de faire fortune à travers cette pratique qui a reçu toute l’onction du Chef de ce département ministériel. Ceci se traduit commodément par la fréquence et la cadence des textes de nominations qui sont devenus peu s’en faut trimestriels sans quoi moins. (Trois cent mille francs pour décrocher un poste de Chef service, Huit cent mille voir un million pour un poste de sous-directeur). Ceci illustre donc à suffisance de la présence des gens qui n’ont rien à faire dans cet environnement dans les couloirs du MINJEC. Une aventureuse gestion épicière, tribaliste et ésotérique de la chose publique, créant ainsi des frustrations, le découragement total et l’envie d’aller voir ailleurs qui caractérise aujourd’hui presque tous les cadres de ce département ministériel. Une certaine époque est révolue, celle-là où nous reconnaissions unanimement la présence de certaines personnes à certains postes, du fait de leurs compétences, de leurs aptitudes etc…

 DU TRIBALISME A OUTRANCE ENVERS LES CADRES

Depuis un certain nombre d’années il y a une mauvaise habitude qui tend d’ailleurs à devenir un principe de droit et qui veut que dans les services centraux et les positions privilégiées, on ne retrouve en majorité que les ressortissants d’une certaine aire géographique dont nous nous réservons de nommer parce que, le premier venu va le constater une fois qu’il aura arpenté et sillonné les bureaux de la défunte coopération française contiguës au Tribunal criminel spécial. Beaucoup d’entre eux n’ont ni l’expertise ni la connaissance des problèmes de Jeunesse. Vous conviendrez certainement avec nous « qu’on ne confie pas la santé des populations à un charpentier ; fut-il le plus futé des charpentiers ». D’ailleurs les gens ont vite fait de trouver une autre appellation caustique et ridicule au bâtiment central du MINJEC, celle-ci liée au faciès de la grande majorité de ceux qui font la pluie et le beau temps dans les services centraux de ce département ministériel.

LE DÉTOURNEMENT DES FONDS PUBLICS A TRAVERS LA PLATE-FORME : OBSERVATOIRE NATIONAL DE LA JEUNESSE

Une fois à la tête de ce département ministériel, on a tôt fait de créer une soi-disant plate-forme alambiquée qui est juste un tremplin pour justifier la saignée de détournement de fonds publics. Cette structure n’apporte véritablement aucun soutien à aucun jeune (Vous pouvez en interroger sur toute l’étendue du territoire à votre convenance). Vous aurez la même conclusion que les jeunes eux-mêmes pour qui cet outil était destiné. Ici le système de détournement est le suivant : On passe le temps à enrôler les jeunes tout en leur promettant tel une opportunité d’emploi, tel une formation, tel autre un quelconque financement. Que nenni. On attend chaque année à un moment, on organise un séminaire de renforcement des capacités des cadres à travers tout le territoire national, en relation avec cette plate-forme foireuse, on engage des grandes sommes d’argent pour presque rien, puisqu’au final même les perdiems des cadres et le transport ne sont généralement pas remboursés. Lors du lancement de cette nébuleuse, il nous souvient que des ordinateurs de seconde main ont été remis à tous les Chefs de Centre Multifonctionnels de Promotion des Jeunes du Cameroun. Certains ont fonctionné le temps d’une saison de pluie d’autres jamais et dernièrement l’achat des motos aux chefs CMPJ de tout le territoire National à des conditions louches.

Monsieur le Président s’il vous était donné d’aller guetter un instant le coût d’achat de ces carcasses informatiques acquises pour le compte de ce Ministère, vous penserez certainement que vous n’êtes plus de ce monde. Enfin quand on fait semblant de donner du financement aux jeunes pour certains projets, un autre stratagème est mis en place. Celui-ci consiste à imposer des noms aux responsables sur le terrain. (Un responsable de X arrondissement ou département qui a enrôlé des jeunes, se verra imposer des noms qui viennent des services centraux et qui n’ont rien à voir d’avec les ressortissants de ce X arrondissement ou département sur tous les plans.) Généralement ce sont les noms de la même zone géographique qu’on impose aux responsables dans tout le pays.

DE LA MISE EN PLACE D’UN CLIMAT DE TERREUR POUR MIEUX MUSELER LES CADRES

Monsieur le Président, si beaucoup de cadres gardent et ont continué à garder le silence jusqu’à ce jour, c’est purement parce que c’est le point essentiel et la seule compétence indubitable qui est reconnu au Chef de ce Département ministériel, à savoir museler des cadres. A la moindre remarque déplacée ou contraire face à cette gouvernance abracadabrante, vous êtes viré de votre poste et affecté à mille lieux. La plupart des cadres vivent et travaillent comme si on les épiait. Au moindre propos de votre part sur cette façon de faire, votre nom est inscrit dans la « glorieuse liste noire ». La compétence a foutu le camp au profit du clientélisme, du favoritisme, du tribalisme. Une bande de zélateurs de tout bord a élu domicile au Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique pour faire main basse sur la fortune publique.

Monsieur le Président, nous n’allons pas trop retenir votre précieux temps en vous servant une litanie sans fin. Nous savons que les quelques lignes présentées vous permettront à votre guise de juger de l’opportunité de votre enquête.

Enfin pour terminer, nous nous demandons encore ce qu’est devenu aujourd’hui le Programme d’Appui à la Jeunesse

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