Chiffré à 5762,4 Milliards de nos francs et équilibré en recettes et en dépenses, le budget de l’année prochaine a connu une augmentation de plus de 272 milliards de Fcfa par rapport à celui de 2021 ; soit une hausse de 5%.

Les priorités d’exécution des différentes enveloppes budgétaires s’articulent autour de la finalisation des grands projets, le renforcement sécuritaire, l’amélioration du système éducatif et l’offre énergétique. Une loi des finances jugée globalement réaliste par les parlementaires au sortir de la dernière session de l’exercice 2021. Mais la question autour du plan présidentiel de reconstruction des régions en proie à la crise sécuritaire, semble ne pas convaincre l’opinion au terme de la séance plénière à laquelle, les députés ont manifestement laissé dévoiler leurs inquiétudes lors du passage de Paul Tassong, président dudit programme de reconstruction des zones en crise sécuritaire.

C’est une sorte de plan Marshall reposant sur cinq principaux piliers à savoir, politique, communicationnel, structurel. Il y a également la mise en œuvre et le volet financier. Paul Tassong aura bavé et transpiré abondamment, lors de cet exercice qui a totalisé 57 questions enregistrées. Il fallait donner des précisions sur le plan de reconstruction décidé par le Chef de l’État en faveur des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et celle de l’Extrême-Nord. Une grande première lorsque nous avons souvenance que le questionnaire record à un membre du gouvernement au parlement jusqu’ici était de 32, adressées au Ministres de l’Énergie et de l’Eau, Gaston Eloundou Essomba.

C’était lors de la session ordinaire de Juin 2021. L’on retient de la masse critique déployée par le gouvernement, 20 recommandations en guise de solutions. Mais cependant, il est apparu que le plan présidentiel de reconstruction de zones ravagées par l’insécurité souffre de deux contraintes. La première est financière du fait que tous les partenaires n’ont pas totalement libéré les financements nécessaires. Et la contribution de l’État reste faible. La deuxième contrainte quant à elle est sécuritaire dans la mesure où l’escalade persiste dans le NOSO. Dans cette optique, le budget 2022 devrait pouvoir réviser la stratégie de financement qui inclue la possibilité d’augmenter la contribution de l’État et de recouvrir aux ressources concessionnelles ainsi que l’augmentation du budget de la phase de relèvement, en vue d’incorporer les besoins additionnels des populations qui sont les principales bénéficiaires. Outre cet aspect financier, pourrait-on y parvenir ? Que non ! Il faut un retour à la paix.

C’est un impératif et une urgence tant politique que diplomatique qui s’impose pour un dépôt des armes par les assaillants. Mais il leur faut des garanties pour qu’ils s’associent à l’opération en insistant sur le mécanisme de désarmement, démobilisation et intégration, dans le but d’assurer une meilleure réinsertion  socio-économique des ex-combattants. Sans ces préalables, les déplacés internes et les réfugiés seront difficiles à convaincre. Ajouté à cela, il faut que le gouvernement insiste sur la mise en place des mécanismes de suivi progressifs et rigoureux de l’exécution desdits projets. L’implémentation des initiatives diplomatique et parlementaire n’est pas non plus en reste pour consolider l’apaisement.

Le budget 2022 récemment examiné et adopté par la chambre bicamérale doit pouvoir mettre en œuvre toutes les recommandations issues du Grand dialogue national en informant l’opinion nationale sur leurs effectivités.

REALISATIONS DU BUDGET 2022

Pour réaliser ce budget, le gouvernement mise sur des recettes internes et des dons de 4019,2 milliards Fcfa déclinés comme suit : 562 milliards de recettes pétrolières et gazières 3088,7 milliards de recettes douanières, 142,3 milliards de dons et 20 milliards de remboursements des avances.

Ce budget porte le taux de croissance projeté en 2021 à 3,6% grâce à l’impact des mesures prises par l’État dans le cadre de la politique de relance. Il pourrait atteindre 4,4% en 2022, selon des projections. Comme évoqué plus haut, ce pactole sera prioritairement consacré à la mise en route des grands projets infrastructurels de première et de seconde génération au cas où celui-ci échappe à la vermine de la sous consommation et des goulots d’étranglement devenus quasi réfractaires au Cameroun.

Nelson Evina

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