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La Société de développement du coton (Sodecoton) envisagerait de dissoudre la Confédération des producteurs de coton du Cameroun (Cnpc-C), qui échappe visiblement à son contrôle, et aurait entrepris des manœuvres souterraines pour mettre fin à son existence.

Le Cameroun pourrait revoir sa politique de financement du service de propreté, assuré depuis toujours par la société Hygiène et Salubrité du Cameroun (Hysacam). Celle actuellement applicable repose sur la subvention étatique, c’est-à-dire que l’Etat et ses démembrements, en l’occurrence les mairies, sont les seuls à payer le service de propreté dont les citoyens sont bénéficiaires au quotidien. Un modèle bien moins efficace, qui cache mal les signes d’essoufflement de l’Etat, avec une accumulation d’impayés vis-à-vis d’Hysacam, qui par effet domino entraine l’insolvabilité de cette entreprise auprès de ses partenaires et de ses employés. « Le mode de financement, c’est la subvention. C’est pour cela qu’on a les problèmes avec l’Etat. Quand il est difficulté, ça nous affecte. On avait voulu adosser ça au paiement par ménage par les factures d’électricité, on n’a pas pu », étaye Ahmadou Garba, directeur de la Communication chez Hysacam. Le modèle actuel de financement est donc axé sur une subvention de l’Etat et sur une taxe pour le développement local perçue en même temps que l’impôt libératoire et la patente. Le gouvernement a cru devoir le renforcer, en décidant d’instituer depuis janvier 2022 un droit d’accises spécial de 1% sur les marchandises à l’importation. « Un droit d’accises spécial, de l’ordre de 1% de la valeur imposable de toutes les marchandises importées, sera appliqué au Cameroun dès le 1er janvier 2022 en vue de financer l’enlèvement et le traitement des ordures au bénéfice des collectivités territoriales décentralisées (CTD). Cette mesure, qui bénéficiera ainsi aux municipalités, ne concerne pas les importations en franchise prévues par le Code des douanes de la Communauté économiques et monétaire de l’Afrique centrale qui regroupe, outre le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad. La propreté est un bien public et un droit », indiquait la Direction générale des douanes dans un communiqué publié le 28 décembre 2021.

Modèle rwandais en étude

Pour financer la collecte des ordures à Yaoundé par exemple, l’entreprise Hysacam reçoit 15% de ses fonds auprès de la Communauté urbaine tandis que 85% proviennent de l’Etat. Les solutions sus-évoquées et implémentées par les pouvoirs publics ne sont pas porteuses de résultats satisfaisants. Le gouvernement envisagerait d’implémenter un nouveau modèle de financement du service de propreté, et est tombé sous le charme du modèle rwandais. D’ailleurs, le ministre de l’Habitat et du développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, a conduit une délégation la semaine dernière au Rwanda, avec à ses côtés les maires de quelques communes camerounaises, ainsi que des responsables de la société Hysacam.  L’objectif était « d’échanger les expériences et de s’approprier de leur approche dans la gestion des déchets urbains afin de la reproduire, la contextualiser et améliorer la salubrité de nos villes », a indiqué le ministère sur son compte Facebook. Le modèle rwandais repose en effet sur le paiement par apport individuel des ménages. Une fois par semaine, les services de propreté sillonnent les villes rwandaises pour collecter les ordures ménagères, et les citoyens payent directement aux entreprises prestataires. Par conséquent, la salubrité publique est de mise dans ce pays, et ancrée dans les habitudes. Le Cameroun voudrait-il copier l’exemple rwandais ? Des experts avertis sont sceptiques : « on ne peut pas appliquer le modèle rwandais ici. Au Rwanda, il y a un homme fort (Paul Kagame), c’est la discipline qui prône. Aucun rwandais ne peut jeter les ordures en route, contrairement à nos compatriotes ici, qui balancent leurs ordures ménagères partout. Il y a d’abord ce problème d’éducation qu’il faut résoudre chez-nous ».

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